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Archives Mensuelles: novembre 2008

Déjà presque la moitié du chemin de fait. Le théâtre est si éphémère. Un peu comme un mandala, il est une métaphore de toutes choses, qui se construisent lentement, pour disparaître d’un seul coup.

1/100, F/5.0, ISO 200

J’ai rêvé que je planais au-dessus de l’océan, ou plutôt, que je faisais de grands bonds sur l’eau en frappant cette dernière de mes mains, à une vitesse folle. J’ai rêvé dans un rêve flou, ou tout ce qui m’entourait était flou, comme si je n’avais plus mes verres de contact ou mes lunettes, ou comme si je vivais dans un lentille d’appareil photo jamais au focus. Je rencontrais un homme et je lui disais: "bonjour, personnage de mon rêve." Celui-ci, étrangement, était insulté par cette façon de lui adresser la parole, comme si les gens peuplant nos rêves avaient horreur qu’on les démasque, comme si une fois vus pour ce qu’ils sont réellement, ils se retrouvaient sans emploi, vide de sens et de raison d’être.

Hier j’ai photographié un bébé d’un mois et demi. Un petit être tout nu, si vulnérable et nouveau. Sa tête est encore vierge de souvenirs et d’expériences, il avait les grands yeux ouverts comme deux grands lacs bleus où personne ne s’est jamais baigné ou n’a jamais pêché. On était tous aspirés au beau milieu de ce petit matin blanc et rose, attentif à ses moindres mouvements et expressions, un présent vivant sans arrêt renouvelé. Un petit corps qui bouge sans cesse, comme pour s’ajuster, s’accorder, s’acclimater à ce nouveau monde qu’il ne connait pas. L’ébauche d’un homme qui éventuellement aura ses propres rêves, ses peurs, ses opinions, ses aspirations, et qui probablement comme nous tous, n’arrêtera jamais de penser à hier ou demain. Installé tous autour de lui pour mettre en scène une crèche des temps moderne, sa nudité nous dénudait instantanément, on le contemplait, oubliant pour quelques instant qui nous pensions être et qui nous pensions que les autres étaient.

Respirer.

2 s, f/16, ISO 50

On filait vers Kamouraska en voiture sur la 20. Tout à coup, une voilier d’oies nous a survolé. Je n’avais jamais vu autant d’oies en même temps dans le ciel. Leurs formations dans le ciel formaient un magnifique vitrail au dessus de nos têtes, des lignes et des lignes d’oies qui n’en finissaient plus, et nous avancions au même rythme que lui. J’avais ce sentiment très fort que l’on a souvent lorsqu’on admire les forces de la nature: le sentiment que toutes choses est à sa place, que le monde est ainsi et qu’il est parfait comme ça, un sentiment paisible qui vous réconcilie avec tout et qui vous rend sans peur.

Le soir venu, je suis descendu sur le bord du fleuve pour prendre le coucher du soleil en photo. Les oies sont revenues, traversant le ciel ambré, accompagnées de leurs cris magnifiques. Le vent du large gelait mes mains et mes joues alors que j’essayais en vain de les prendre en photo, jusqu’à ce que j’abandonne, en me consolant que de telles beautés ne peuvent qu’être appréciées en direct.

1/200, F/3.5, ISO 100

Pour supporter le difficile
Et l’inutile
Y a l’ tour de l’île
Quarante-deux milles
De choses tranquilles
Pour oublier grande blessure
Dessous l’armure
Été, hiver,
Y a l’ tour de l’île
L’Île d’Orléans

L’Île c’est comme Chartres
C’est haut et propre
Avec des nefs
Avec des arcs, des corridors
Et des falaises
En février la neige est rose
Comme chair de femme
Et en juillet le fleuve est tiède
Sur les battures

Au mois de mai, à marée basse
Voilà les oies
Depuis des siècles
Au mois de juin
Parties les oies
Mais nous les gens
Les descendants de La Rochelle
Présents tout l’ temps
Surtout l’hiver
Comme les arbres

Mais c’est pas vrai
Ben oui c’est vrai
Écoute encore

Maisons de bois
Maisons de pierre
Clochers pointus
Et dans les fonds des pâturages
De silence
Des enfants blonds nourris d’azur
Comme les anges
Jouent à la guerre
Imaginaire, imaginons

L’Île d’Orléans un dépotoir
Un cimetière
Parcs à vidanges, boîte à déchets
U. S. parkings
On veut la mettre en mini-jupe
And speak English
Faire ça à elle, l’Île d’Orléans
Notre fleur de lyse

Mais c’est pas vrai
Ben oui c’est vrai
Raconte encore

Sous un nuage près d’un cours d’eau
C’est un berceau
Et un grand-père
Au regard bleu
Qui monte la garde
Il sait pas trop ce qu’on dit
Dans les capitales
L’oeil vers le golfe ou Montréal
Guette le signal

Pour célébrer l’indépendance
Quand on y pense
C’est-y en France
C’est comme en France
Le tour de l’île
Quarante-deux milles
Comme des vagues les montagnes
Les fruits sont mûrs
Dans les vergers
De mon pays

Ça signifie
L’heure est venue
Si t’as compris

Felix

1/100, f/2.8, ISO 1600 (Photo prise durant le spectacle L’Ombre de l’escargot présenté au Théâtre Les Gros Becs.)

Parfois je me dis que je suis en réalité redevable au gouvernement du Canada, car il me fait aimer encore plus mon métier, me donne encore plus le goût de me battre pour lui. Plus que jamais, il me fait encore plus réaliser à quel point il est nécessaire. L’art est une revendication, l’art est un combat. J’aime ces mot, bien utilisés.

I’m beginning to realize that I’m almost thankful to the Harper administration, because it makes me love my job even more, it makes me want to fight for it even more. More than ever, it makes me realize how much vital it is. Art is statement, art is a battle.

1/1600, f\2.8, ISO 200 (photo taken in Keflavik International Airport, Iceland)

Si on ne fait pas attention, on se retrouve le plus souvent à somnambuler dans un monde qui tourne en rond, prisonnier d’une salle d’attente sans fin.

If we don’t pay attention, we’re stuck sleeping walking in a world that goes forever in circle, in an endless waiting room.

Pour Fred. Il m’a chicané parce que j’écris en anglais dans mon blogue. :)

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